L’histoire de mon histoire

Mes aïeux sont fantastiques, mes aïeux sont merveilleux. Mon aïeul était astronome, astronome il regardait les étoiles et cela avait un sens pour lui. Il calculait les courbes de leurs courses. Mon aïeul a construit un fort pour mieux admirer le ciel, et on a donné son nom à une éraflure de la lune. Il a construit une loupe pour mieux comprendre les étoiles et le monde, il a transmis ses rêves à ses enfants. Et je suis née un mercredi, une chaude après-midi d’été.

Mon aïeule sauvait les orphelins de la révolution, les abandonnés, les tout-petits et leur a construit une église. Les pommes normandes sauvaient des gamins de la terreur et des conflits des hommes. Mon aïeule était une femme d’Eglise et l’Eglise lui a rendu hommage.  Elle a rassemblé une communauté de sœurs, une communauté de vie. Et je me demande parfois s’il faut s’engager.

Tel aïeul était enseignant, tel aïeul était professeur de français, latin, grec, poète et homme de foi. Mes aïeux aiment lire la bible en grec et écrivaient des poèmes face à l’Angleterre. Mes aïeules avaient des maris qui partaient à la guerre et n’en revenaient pas. Mes aïeules survivaient et faisaient de leurs enfants des enseignants pour instruire d’autres enfants. Et les déclinaisons de latin, je ne les ai jamais aimées.

Mes grands-pères aimaient les livres à une époque où les livres avaient une valeur physique. Mon grand-père avait une cathédrale de livres quand la culture populaire vivait ses premiers émois. Il les fabriquait et ils les vendaient les livres, il les fabriquait et il les aimait. Mon grand-père avait des amis qui écrivaient et dans sa maison on écoutait des airs de folks à la guitare. Et je ne sais fabriquer que des poèmes sur des pages codées en binaire.

Mon grand-père aimait les livres, aimait le latin, aimait les poèmes. Mon grand-père était aussi grand qu’il était rêveur et aussi doux qu’il était grand. Mon grand-père écrivait des poèmes quand sa femme accouchait dans la douleur, mon grand-père aimait la liberté sur la selle de son vélo. Et je ne sais même pas ce que c’est que la liberté.

Et j’admire et j’admire le poids de ces héros familiaux, l’amour de ceux qui donnent la vie. Mes gênes sont marqués par leurs exploits et pourtant il faut être tout simplement soi-même. Héros de son temps.

 

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4 réflexions sur “L’histoire de mon histoire

  1. Réponse du grand-père : mes enfants et les enfants de mes enfants grandissent encore, je les observe avec mon grand-père astronome du bout de la lunette céleste. Ils m’étonnent tous les jours de leur beauté et de leur richesse : que de métiers différents, des changements de cap toujours assumés, des talents si divers… Mon goût des livres leur a peut-être été transmis, mais toujours dans le sens de l’observation et de l’écoute du monde tel qu’il va. Je n’en vois aucun qui jamais se soit replié sur soi ou dans des mondes artificiels, même dans les épreuves. Surtout dans les épreuves ? Je suis fier de leur volonté, de leur cran, et aussi de leurs fragilités qui les aide souvent à freiner leur course folle, pour se reconsidérer et se réinventer avant de reprendre pied. Qu’importe pour moi s’ils n’entrent pas dans l’histoire, pourvu qu’autour d’eux ils laissent un peu de miel dans les mémoires…

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