Du verbe s’aimer

Ce matin je me suis levée, l’air était frais. Il rentrait par la fenêtre entre-ouverte, cascade de fraicheur sur mes jambes emmêlées dans la tiédeur de la couette. Ce matin je me suis assise dans mon lit, j’ai ouvert mes poumons, j’ai laissé rentrer l’air frais et il est ressorti instantanément échauffé. C’est moi qui fait ça ? J’ai fermé les yeux, j’ai mis mes paumes sur mes genoux, je les ai tournées vers le ciel. Combien de fois fait-on ça, tourner les paumes vers le ciel ? Ca demande un effort, ce n’est pas une position naturelle pour les mains. Le geste de recevoir. J’accueille le ciel, je recueille cet air frais que mon corps, usine infatigable, réchauffe dans la seconde. Les yeux fermés, les paumes ouvertes, je ne peux pas me mentir, je me rapproche de moi-même. Et là, ce matin où je me suis levée et où l’air était encore frais, j’ai souri à mon corps.

J’ai inspiré, j’ai souri à mon corps. J’avais les lèvres gercées comme du papier coupé, la bouche tapissée de coton, les yeux crottés, le crâne à nu, la peau qui chauffe. Et j’ai souri à mon corps.

J’ai expiré, j’ai souri à mon esprit. J’avais envie d’ailleurs, d’essayer tous les interdits, la peur jamais très loin, les blessures encore ouvertes. Et j’ai souri à mon esprit.

Je crois que quand j’ai rouvert les yeux, j’avais l’âme un peu plus légère.

3 réflexions sur “Du verbe s’aimer

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